Press ESC to close

Yeux vairons : d’où vient cette étrange différence de couleur ?

On les vois rarement, mais on ne les oublie jamais. Les yeux vairons, ou plus précisément l’hétérochromie, intriguent autant qu’ils fascinent. Cette particularité oculaire, où les deux yeux n’affichent pas la même couleur, concerne très peu d’êtres humains, mais elle suscite beaucoup de curiosité surtout quand elle apparaît chez un enfant. Si elle est souvent bénigne et sans conséquence pour la santé oculaire, elle peut aussi signaler une affection sous-jacente plus sérieuse. D’où vient cette différence ? Est-ce héréditaire ? Et faut-il s’inquiéter si les pupilles de votre enfant ne sont pas identiques ?

L’hétérochromie, une histoire de mélanine… et d’aïeux

La couleur des yeux est déterminée par la quantité de mélanine présente dans l’iris. Un oeil marron contient plus de pigments, un oeil bleu moins, et certains présentent même des reflets violacés ou bleutés. Chez les nourrissons, les teintes ne sont pas définitives à la naissance : il faut attendre environ six mois pour que les couleurs se fixent. Si, passé cet âge, l’un des yeux vire au vert quand l’autre reste bleu, on parle alors d’hétérochromie congénitale. Dans la majorité des cas, il s’agit d’une simple variation génétique transmise par les aïeux, sans le moindre impact sur la vision. Cette particularité est d’ailleurs bien plus fréquente chez certains animaux comme les chevaux, les chiens, les oiseaux ou même l’écureuil.

Tous les yeux vairons ne se ressemblent pas

Il existe plusieurs formes d’hétérochromie, classées selon leur apparence. On distingue :

  • L’hétérochromie complète, avec deux yeux de teinte différente (ex. un bleu, un noisette)
  • L’hétérochromie partielle, où l’un des iris est partiellement coloré par une tache ou un anneau distinct
  • L’hétérochromie centrale, plus rare, avec un iris entouré d’un cercle d’une autre couleur
  • L’hétérochromie acquise, qui apparaît plus tard dans la vie, souvent à la suite d’un traumatisme, d’une uvéite, d’un traitement médical ou d’une pathologie oculaire

Lorsque l’hétérochromie n’est pas présente dès la naissance, un suivi ophtalmologique s’impose. Un changement irisé soudain ou une variation lumineux anormale peuvent être liés à une inflammation, un glaucome ou un usage prolongé de collyres, comme ceux prescrits contre certaines maladies des paupières.

Quand faut-il consulter un professionnel de santé ?

Si l’hétérochromie est congénitale, stable et que l’acuité visuelle reste normale, aucun traitement n’est nécessaire. En revanche, un changement progressif ou soudain de couleur oculaire, surtout s’il est associé à des troubles visuels, à une vue floue ou à une douleur, justifie un examen approfondi. Un opticien ou un ophtalmologue pourra vérifier si les différences sont liées à une affection des vaisseaux sanguins, à une uvéite, à un corps étranger, voire à une tumeur. Une surveillance médicale permet alors de distinguer les cas sans gravité des pathologies à traiter rapidement.

Et si la différence de couleur dérange ?

Pour certains, les yeux vairons sont une marque de singularité, un atout esthétique. D’autres préfèrent voir leur visage avec des couleurs plus uniformes. Des verres teintés ou des lentilles peuvent alors être proposés par des opticiens pour harmoniser les teintes, sans danger si les règles d’hygiène sont respectées. En revanche, il est fortement déconseillé de recourir à des techniques invasives comme les implants colorés, parfois proposés à l’étranger. Ces interventions, en plus d’être interdites en France, peuvent entraîner de lourdes complications oculaires. Si vous avez un doute, ou que vous voyez une évolution inhabituelle dans la pigmentation de l’oeil, une consultation médicale reste toujours la meilleure réponse.

Séverine

Bouge Ton Kid, le site préféré de toute la famille.